31 mai 2012

Patient Traceur et Système d’Information Hospitalier

Donnees de sante

Au cours des récentes interventions de la Haute Autorité de Santé* concernant l’évolution de la certification, nous avons pu constater l’introduction d’une nouvelle pratique d’évaluation par les experts-visiteurs : le «patient traceur».

Quelle place apporter aux Systèmes d’Information Hospitalier (SIH) dans ce nouveau mode d’évaluation ?

Dans le cadre de l’évaluation de la qualité et de la sécurité des soins, le « patient traceur » aura pour rôle de favoriser les constats internes à la structure de soins, sur les modalités de prise en charge d’un patient. Il est important de noter qu’en aucun cas, il visera à juger de la pertinence des diagnostiques ou des traitements effectués.

Les outils de support aux activités de santé étant de plus en plus informatique, il est difficile de juger de la qualité et de la sécurité du processus de prise en charge, sans prendre en compte à un moment, la qualité et la sécurité du SIH. Il est d’ailleurs décrit que le parcours du « patient traceur » débute, dans l’unité où est hospitalisé le patient, par une analyse de son dossier et de certains points critiques intégrant les thématiques du manuel de certification, par exemple la continuité des soins, la prise en charge médicamenteuse, etc. Bien que cela ne soit pas le cas pour l’ensemble des établissements, il est donc fort probable que parmi les constats qui seront faits, on trouvera des remarques liés au dossier patient informatisé, à l’informatisation du circuit du médicament ou encore à la continuité des soins (quid de la continuité des actes en télémédecine ?).

Si l’on met en relation ces informations avec les travaux de l’Agence Nationale d’Appui à la Performance (ANAP) sur la création de valeur par l’usage des Systèmes d’Information, on peut distinguer en la méthode « patient traceur », un élément de motivation complémentaire à la modernisation et à la sécurisation du SIH en gagnant d’une part en efficience pour les professionnels de santé qui seront plus à l’aise avec les outils informatiques au quotidien (y compris lors des phases de « traçage »), et d’autre part, un gain sur la qualité de prise en charge du patient qui percevra que ses informations personnelles de santé sont maitrisées et sécurisées (intègres, confidentielles et disponibles) tout au long de son parcours de soins dans l’établissement.

La pratique mettra certainement en avant la nécessité d’avoir des experts-visiteurs en capacité de juger la qualité et la sécurité d’un système d’information lors du parcours du « patient traceur » et d’introduire les Responsables de la Sécurité des Systèmes d’Information (RSSI) dans la boucle d’amélioration de la qualité et de la sécurité des services de soins hospitaliers et dans la discussion avec les experts-visiteurs.
Affaire à suivre …

 

* Notamment la présentation du 24 mai 2012 sur le plateau TV du salon Hôpital Expo / HIT concernant « Les orientations stratégiques de la certification 2013-2018
 par la Haute Autorité de Santé ».

Sources:
Haute Autorité de Santé

Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux

Illustration “lutrin” by HOPI (www.hopi.fr)

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